L'abbaye Notre-Dame de Déols
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Un peu d'histoire...
L’abbaye Notre-Dame de Déols est une ancienne abbaye bénédictine, située à Déols en Bas-Berry, dans le département de l’Indre, près de Châteauroux. Elle est fondée le 2 septembre 917 par Ebbes le Noble, seigneur de Déols. Il imite en cela son seigneur Guillaume Ier d’Aquitaine, comte d’Auvergne de Berry, de Limousin, de Lyon et de Mâcon, qui peu d’années auparavant avait fondé l’abbaye de Cluny en Saône-et-Loire le 2 septembre 909 ou 910. L’abbaye fut donc construite sur le même modèle que Cluny. Les deux premiers abbés de Déols Bernon (917-926) et Odon (926-942) furent aussi abbés de Cluny et de Massay dans le département du Cher.
L’apothéose de l’abbaye se situe au XIIe, XIIIe et XIVe siècle. Tout comme son model Bourguignon qui avait développé un réseau Européen, Déols avait son propre réseau qui s’étendait du Cher jusqu’à l’océan atlantique.
L’abbaye devient rapidement un établissement prospère. Elle est la plus puissante du Berry avec celle de Massay et une des plus importantes de France au Moyen Âge. Les moines de Déols reçoivent de nombreux dons de paroisses, de terres, de chapelles, gèrent des prieurés, et bénéficient ainsi de revenus réguliers. Cet enrichissement considérable se reflète dans l’édification de la grande église abbatiale, aujourd’hui presque entièrement disparue. L’apothéose de l’abbaye se situe aux XIIe, XIIIe et XIVe siècles.
Le régime de la commende instauré au début du XVIe siècle est le reflet d’une perte d’influence. La période des guerres de religion (1562-1594) se révèle calamiteuse pour l’abbaye Notre-Dame de Déols. Elle est en partie détruite par les protestants. Elle ne s’en relève pas et, en 1622, le prince Henri II de Bourbon-Condé, après accord du roi de France Louis XIII, obtient du pape Grégoire XV une bulle prononçant la sécularisation de l’abbaye. Celle-ci devient effective en 1629. Les bâtiments de l’abbaye deviennent alors une carrière de pierre où le prince Henri II de Condé, et à sa suite les autres administrations, puisent des matériaux de construction.
L’architecture de l'abbaye
Les vestiges subsistants sont le clocher, la quatrième travée du collatéral nord, la crypte (non visitable), le mur sud de la nef et la porte de jonction avec le cloître, la prison des moines, l’ancienne cuisine, la salle du trésor et les vestiges du cloître. Ils permettent de se faire une idée de la puissance et de la richesse de l’ancienne abbaye Notre-Dame de Déols, et constituent de précieux témoignages du style roman. Les projets de restauration débutent en 1843, quand Prosper Mérimée s’intéresse à l’abbaye et « veut sauver de la ruine l’unique tour subsistante ». Après une longue procédure, le clocher, le mur sud de la nef et la partie encore visible du mur nord sont classés au titre des monuments historiques en 1862.
Enfin, les fouilles archéologiques effectuées de 1924 à 1926 sous la direction de l’archéologue Jean Hubert ont permis pour la première fois de restituer le plan de la grande église abbatiale de Déols.
Des sculptures romanes de l’abbaye Notre-Dame de Déols sont exposées dans le musée lapidaire installé sur le site de l’abbaye.
Le musée Lapidaire
La collection lapidaire du musée offre un aperçu de la qualité de la sculpture de l’abbaye. Des chapiteaux à décor végétal côtoient sirènes tentatrices, monstres et êtres hybrides. D’autres pièces symbolisant des scènes de la bible sont de véritables chefs-d’œuvre de l’art roman tel que le magnifique tympan de la porte nord, un Christ en majesté du XIIe siècle.
Dans le musée, une projection géante offre une immersion totale au cœur de l’abbaye grâce à une restitution 3D. La visite virtuelle permet de visiter les différentes parties de l’édifice comme il était à l’époque.
Une borne interactive propose de visualiser le plan de l’abbaye, d’observer sous différents angles quelques pièces architecturales et donne un aperçu historique.
Le jardin médiéval
Ce jardin médiéval de forme carrée et divisé en espaces réguliers s’inspire des jardins des cloîtres. Au Moyen-âge, les jardins de monastères devaient nourrir le corps et l’esprit.
Les plantes et les formes géométriques qui le composent possèdent une puissante valeur symbolique qui enracine le jardin dans la vision du monde de l’époque (vision du paradis perdu où l’homme vivait en autarcie à l’abri des difficultés de la vie).
Les nombres jouent également un rôle important dans la symbolique du jardin.
Il y a une forte symbolique avec le 4 ou le carré qui exprime le terrestre, les 4 éléments, les 4 fleuves du paradis, les 4 évangiles, les 4 saisons. C’est le symbole de la perfection et sert donc de base à la réalisation des jardins.
Ces 3 jardins sont représentés dans un ordre bien précis avec une déambulation empruntée à l’imaginaire médiéval passant de la Terre au Ciel par l’Amour :
- Le jardin des simples, composé pour partie des quatre carrés représentant la Terre,
- Le jardin d’Amour, autour de la rose rouge (poésie médiévale),
- Le jardin Céleste, aux fleurs à dominante blanche, marque le haut de la progression, inspiré des représentations de la Vierge au Paradis, rappel du Miracle de Déols.
Ce jardin est composé de 12 carrés qui représentent les 12 apôtres.
Il y a 3 parties bien distinctes (3 est un nombre religieux : la trinité).
Chaque partie est composée de 4 carrés. Dans ces carrés on peut y voir la projection au sol du clocher de l’abbaye. En effet, il est carré depuis sa base jusqu’à la naissance de la flèche (élévation vers le ciel qui établit une connexion avec le seigneur).
La boutique du musée
Une restauration complète fin 2016 jusqu’à début 2017 a permis de redécouvrir l’ancienne cheminée du XIIIe siècle, qui permettait de nourrir quotidiennement plus de 200 moines.
Cette belle pièce, voûtée sur croisée d’ogives, est aujourd’hui la boutique et l’accueil du musée de l’abbaye.